mardi 9 mai 2017

"Ici et ailleurs" à Brest


Je participe cette année au 8ème festival des carnets de voyage à Brest. 
https://www.ici-ailleurs.net
Entrée gratuite
Cette année un focus sur le reportage dessiné.


Le festival se déroule au Quartz le 12 mai de 10h à 19h, le 13 mai de 10h à 21h
et le dimanche 14 mai de 10h à 18h

Celui ci à lieu tous les deux ans, les artistes sont invités.
J'y présente mes "carnets d'épuisement" et mon "éphéméride"



http://fr.calameo.com/read/00511913906335b1992bf


Les « carnets d’épuisement »  sont un vrac du cahot du monde qui m’entoure, tel que je le reçois, jours après jours. Ils me débarrassent d’un trop plein d’informations. Des images, parfois très violentes de l’actualité, côtoient mes centres d’intérêt d’artiste et d’humain, notes de lectures, poésies, recettes, réflexion, idées fugaces … tout s’accumule et se juxtapose sans trop de soucis esthétiques, avec une certaine poésie de l’absurde, laquelle se trouve être mon vrai regard sur le monde des hommes.
Les femmes et hommes qui posent pour moi pendant mes cours de modèles vivant y sont dessinés dans leur nudité, comme les témoins désarmés de ce cahot auquel je cherche à donner un sens.


Ces carnets me permettent d’avoir l’esprit clair pour réaliser des œuvres plus épurées, plus zen comme cette « Ephéméride » que je présente en parallèle qui est un travail sur le temps naturel. Jour après jour c’est le temps qu’il fait qui fait. Une double page par mois, depuis 20 mois, laissée dehors sous la pluie reçoit les traces du temps qui passe.



http://maelle-de-coux.tumblr.com


mercredi 12 avril 2017

Adventices et Tronçon au festival des carnets de voyage de Saint Céré


Invitée par l'association "Le lieu commun" a exposer et intervenir auprès des scolaires sur la commune de Saint Céré.
Du 17 au 23 Avril à la maison des Consuls
Avec le dessinateur Benoit Guillaume et l'artiste Anne Claire Thévenaud




C'est un voyage botanique autour de mes adventices que je propose.

Mes carnets de voyages seront consultables.
Ainsi que mes carnets d'épuisement.




­­Adventices

 
Maëlle de Coux


C’est un terme de botanique qui désigne une plante étrangère à la culture attendue. Invasive, herbe folle, mauvaise herbe ? En botanique le mauvais n’est pas toujours celui que l’on croit. Question de point de vue, d’intérêt et de culture.
De culture ?
L’adventice arrive par un relâchement de la vigilance que nécessite toute culture, Les accepter c’est accepter d’intégrer ce qui peut venir naturellement de l’extérieur.
L’ambivalence même du vocabulaire met l’accent sur des parallèles inattendues, politiques, sociales et morales !
Dis moi comment tu jardines ….

Le vocabulaire associé aux plantes est très imagé et suggestif, les symboliques liées à la prospérité la croissance et à la fertilité. Il existe une antropomorphie des plantes comme il en existe une liée aux animaux. Nous nous projetons dans le végétal.
Les adventices seraient plutôt du côté du désordre tant social que moral.
Bannies des ouvrages de l’homme elles ont des relents d’anarchie, d’incivilité.
D’un point de vue botanique, la vraie vie est de ce côté, sauvage, vive et libre.
C’est aussi très poétique.

Mes « Adventices » évoquent cela.
L’intervention à l’encre taille douce appliquée au rouleau sur les fragiles pages    d’herbier  vient donner à l’ensemble une profondeur, un poids que n’avait pas cette petite plante séchée. L’encre grasse se révèle ultra sensible dans la richesse de ses noirs. Comme  une plaque photosensible l’encre révèle les traces laissées sur le
  papier par le travail de l’herboriste mêlé au mien. Chaque matière végétale
  renvoie une qualité de noir différent.
  L’encre lui donne une vision organique plus dense, elle lui donne du corps.
  Et une double lecture.
  On peut y voir un ensemble abstrait sévère, un peu à la manière de Soulages,
  un aspect qui peut devenir monumental, en fonction des murs offerts.
  Il existe plus de 50 planches.
  Quand l’analogie organique et sexuelle s’impose, l’ensemble prend une
  fantaisie inattendue et chaque image s’individualise.









« Tronçons »
« n°3 : Hêtre »

Ensemble de dessins dynamiques au fusain sur papier japonais.
Cet enchevêtrement de branches doit pouvoir se rassembler pour former un arbre.
Chaque image est indépendante et forme un tout.

L'apparente confusion du détail est en fait un organisme vivant et puissant.
Avec du fusain, (qui est du bois) sur des feuilles très fines (qui sont des feuilles) je fais des coupes que je cadre dans l’image d’un grand arbre majestueux.
Le dessin capte la rythmique des branches pour, très vite, s’affranchir de son modèle. Chaque image est indépendante et s’ajuste, presque, avec ses voisines. 
Le tronçonnage est irrémédiable, jamais je ne pourrai reconstruire l'arbre initial.






"Carnets d'épuisements"

 Un vrac du cahot du monde qui m’entoure, tel que je le reçois, jours après jours. Ils me débarrassent d’un trop plein d’informations. Des images, parfois très violentes de l’actualité, côtoient mes centres d’intérêt d’artiste et d’humain, notes de lectures, poésies, recettes, réflexion, idées fugaces … tout s’accumule et se juxtapose sans trop de soucis esthétiques, avec une certaine poésie de l’absurde, laquelle se trouve être mon vrai regard sur le monde des hommes.

Les femmes et hommes qui posent pour moi pendant mes cours de modèles vivant y sont dessinés dans leur nudité, comme les témoins désarmés de ce cahot auquel je cherche à donner un sens.




samedi 5 novembre 2016

LES HOMMES OISEAUX au salon Fotofever Paris 2016


Stand 414 Carrousel du Louvre
Galerie Courcelles Art Contemporain









Et, en avant première le texte de Cézembre sur cette série, extraite de notre livre en projet "Les arrachées"


Les Hommes-Oiseaux de Maëlle de Coux sont d'une grande poésie et sont une création à part entière. Ils ont connu et connaissent toujours un franc succès. Leur pose, qui peut être altière, en impose, dans un cadre bien choisi. Ils dégagent autant de noblesse que leur créatrice, avec leur long cou qui leur donne un côté hautain mais d'une grande élégance, en adéquation avec une posture, un geste. Ils regardent au- delà de nous, vers un ailleurs, qui, curieusement n'appartient ni au monde des vivants, ni à celui des morts. Il s'agit d'un monde intemporel qui est tout bâti de rêveries, lesquelles se déploient dans un vaste espace, souvent marin car Maëlle aime à isoler parfois ces figures pour leur donner plus d'ampleur.
Cet univers est bien propre à Maëlle qui aime s'adresser aux vivants en interprétant celui des disparus et des morts comme elle l'avait fait précédemment avec Le Marin et Marcel Pithois. Son travail, à son habitude, a quelque chose d'une trame dans son déploiement. Mais qu'on ne s'y trompe, à ses yeux ces hommes et ces oiseaux sont bien vivants ! Ainsi Maëlle ne ressent-elle pas du tout la mélancolie profonde qui se dégage de certains de ses Hommes-Oiseaux. Pour elle, l'oiseau est une figure surréaliste porteuse d'imaginaire, voilà tout.
Si le thème de l'Homme-Oiseau a déjà été traité, Maëlle apporte néanmoins sa singularité d'artiste, tant dans sa démarche artistique que son approche humaine du thème. Elle porte ainsi un très grand soin à chacune de ses réalisations, ce qui lui est habituel. Sa démarche est toujours la même : elle part d'une des photos de sa collection ( anciennes photos trouvées) qu'elle choisit en fonction du cadre et de la posture d'un ou de personnages. Elle privilégie ainsi les poses apprêtées qui trouvent leur pendant dans la raideur naturelle des volatiles à l'arrêt. Puis, Maëlle prend son temps, se rend dans un de ses Muséums favoris pour trouver « Le » bon oiseau dont la tête se greffera au corps du personnage. Elle photographiera alors la tête de l'oiseau à l'argentique, en veillant à ce que le lien se fasse le mieux possible avant un traitement numérique de l'image finale. Elle poussera l'application

jusqu'à faire imprimer en grand, en noir et blanc, ces photomontages sur des papiers naturels orientaux, précieux et fragiles, des papiers réservés habituellement à la calligraphie et qui, dit-elle « aiment l'encre ». On ne peut ainsi faire l'économie de décrire les étapes d'élaboration du travail de Maëlle car la beauté du résultat final tient beaucoup de son mode et de ses techniques de création.
Ces êtres hybrides sont touchants, non seulement parce qu'ils ne sont ni hommes ni oiseaux mais parce qu'ils appartiennent, malgré les apparences, à un monde non humain qui les fragilise, parce qu'on sent qu'ils ne sont ici pas complètement à leur place.
Les Hommes-Oiseaux ne regardent pas, en vérité, ou plutôt leur regard est intérieur et lointain. Leurs yeux brillent anormalement car ce sont des yeux d'oiseaux morts, fixes et faussement expressifs. Ils sont naturalisés des pieds à la tête car leur corps n'appartient plus à personne. L'homme a en effet perdu sa tête qui faisait son identité et son humanité. La tête de l'oiseau comme le corps de l'homme sont comme orphelins d'eux-mêmes, d'où le sentiment de perte que l'on ressent en contemplant les Hommes-Oiseaux. Ainsi naissent-ils dans toute leur étrangeté d'êtres amputés, ni animal, ni humain. Ils peuvent être hautains, inquiétants, attendrissants, surprenants et même drôles. Ils peuvent aussi susciter la mélancolie, d'êtres absents à eux- mêmes. Tout dépend de la mise en scène, des jeux sur les fondus de flou ou au contraire d'extrême netteté et enfin, de la posture de ces êtres hybrides. A quoi rêvent les Hommes-Oiseaux ? Car ils rêvent, c'est entendu. Et bien, ils rêvent de choses inimaginables, pour nous qui n'appartenons pas à leur monde parce que, pour ce faire, il faudrait trouver ce qu'il y a à la fois de commun et de différent entre un homme et un oiseau. L'oiseau semble ne pas avoir fait son deuil de son désir de voler tandis que l'homme y a renoncé depuis toujours. L'homme a-t-il cessé de penser depuis qu'on lui a greffé une tête d'oiseau lequel, comme chacun sait, n'a que de vagues ou de nécessaires pensées ? Nous voudrions pénétrer les songes de ces Hommes- Oiseaux, mais ils nous résistent et c'est là où la poésie s'installe. Nous reste le manque, le manque de l'humain et de l'animal, un manque que Maëlle de Coux assume et qui est son choix en même temps que son inconscient d'artiste car la relation à l'humain est une complexité pour elle comme pour nous.
Encore aujourd'hui Maëlle continue régulièrement à réaliser des photomontages d'Homme-Oiseaux, lesquels sont devenus un peu son estampille et connaissent un franc succès auprès des amateurs. Elle introduit peu à peu des scènes à plusieurs personnages, ce qui est un nouveau défi pour elle. Mais elle est bien la dernière à avoir peur des défis . Et on est bien heureux de voir son monde se peupler peu à peu.